1.Sur la croix de la place, observer le cœur daté
avec le monogramme du Christ et, plus bas, le nom du sculpteur : Charles
Marie Dugelay.
Ce monument, érigé en 1804 (Napoléon était
Empereur) a été payé 100 F. A cette époque,
100F permettaient d'acheter 550 litres de lait ou 450 litres de vin. Si
l'on se base sur le prix actuel de ses denrées, cela représenterait
une somme comprise entre 2000 F (lait) ou 5000 F (vin). Il est clair que
personne ne voudrait effectuer un tel travail aujourd'hui pour un si petit
salaire. Noter le Christ face à l'Est et la Vierge à l'Enfant
du côté opposé.
2. En haut de la place, une maison datant du XVIIè siècle.
Noter le cadran solaire en pierre dorée. Toutes ces pierres dorées
sont issues des carrières de Bagnols qui ont cessées d'être
exploitées vers 1920. Elles ont servi à la construction
du château dès le début du XIIIè siècle,
de l'église vers 1430 et de très anciennes maisons de Lyon
(rue St Jean, près de la cathédrale).
3. Les deux crochets de pierre dorée ici visibles portaient une
pièce de bois sur laquelle on faisait sécher les fibres
de chanvres ou de lin.
4. Cette maison Beaujolaise, en face de la sacristie, porte un cœur
daté de 1790.Sur l'une des colonnes qui supportent l'avant toit
protégeant l'escalier extérieur. On peut voir, caché
par le rosier, une pierre gravée d'une tête humaine avec
la date 1798, an 6 (sixième année du calendrier révolutionnaire
qui commençait le 22 septembre 1792).
5. Sur le mur de la sacristie, une sculpture en couronne entoure les armes
de la famille Balsac qui posséda le château de 1453 à
1566. Cependant, le triangle équilatéral du corps de ce
blason qui se termine par trois X ou flanchis est orienté à
l'envers. Il pointe vers le haut (symbole du feu) et non vers le bas (symbole
de la source), comme il le devrait normalement. Noter en outre un flanchis
retenu dans le bas de la couronne. En absence de tout document, le mystère
subsiste.
6. La Croix des Rameaux date du XVIIè siècle. Située
à l'origine vers les carrières, elle fut déplacée
lorsque le cimetière qui entourait l' église fut rapproché
des carrières en 1847.
7. Sur le vieux bureau de Poste, on observe une sorte de gargouille datée
de 1853 et le Lion de St Marc. En face, une fenêtre gothique à accolade
du XVIè siècle, murée et qui peut être cachée par la végétation.
8. Une inscription gravée en 1759 par Pierre DELACOLONGE, l'un
de nos tailleurs de pierre. FAIT PAR MOI . PIERRE
DELACOLONGE. L'ANNEE 1759.
9. Cette maison, construite en 1705 réutilise des éléments
gothiques plus anciens et une fenêtre voûtée du XVIè
siècle.
10. Maison avec ses trois colonnes supportant l'avant toit et son très
typique escalier protégé. A l'intérieur le four à
pain, sculpté et signé par Pierre DELACOLONGE est daté
1755.
11. Sur une pierre datée 1621, figure les outils du cordonnier.
Une autre pierre gravée nous ramène au calendrier révolutionnaire.
Elle a été sculptée durant le dernier trimestre de
1798 qui correspond au premier trimestre de l'année révolutionnaire
numéro 7 (l'an 7). Elle présente aussi une figure à
8 boucles entourant une étoile à 5 branches inversée.
Curieusement, à Bagnols, toutes les représentations de ces
étoiles (11 des 11 gravées entre 1778 et 1845 pour le moins)
sont inversées. St Pierre était-il le patron local de nos
tailleurs de pierre ? On sait, en effet, qu'il fut crucifié la
tête en bas. En l'absence de document, le mystère subsiste
et d'autres interprétations restent possibles. Pour nous, l'étoile
inversée, image dans un miroir de l'étoile divine ne peut
que nous confirmer dans le sentiment que Bagnols est bien un morceau de
paradis sur terre.